Venue de Bruxelles et revenue de Hollywood, Daisy Daix était une pure "étoile de Paris"

 

J'ai le souvenir d'avoir toujours connu cette photo punaisée sur un meuble dans le bureau de mon père (on voit d'ailleurs encore la trace).

 

Je pense par contre ne jamais avoir su ni cherché à savoir qui était vraiment cette dame jusqu'au jour où Mr Gouverneur du Chercha me parla d'elle en sachant très bien qu'elle n'était pas de ma famille étant donné qu'il s'agit d'un nom d'emprunt, un nom de scène puisqu'elle était artiste.

(Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)
(Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)



Et même une artiste confirmée, internationale !

 

Juste une première photo pour vous montrer à quel point, elle était connue mondialement et à quel point aussi elle avait un corps de rêve même si le visage était moins harmonieux sur certains angles.

 

Cela ne dit peut-être plus rien aux jeunes de nos jours mais ce sont deux énormes célébrités d'après guerre et même jusque dans les années 60 voire 70.

 

 

Elle n'était pas de Mont St Guibert mais juste à côté, née à Gentinnes le 2 novembre 1920, de son vrai nom, Denise Decoux.

 

Elle avait débuté en 1939 dans une revue au Théâtre de la Gaîté à Bruxelles mais d'une manière assez rocambolesque comme elle l'explique elle-même :

 

« A vrai dire, je ne songeais pas à faire carrière au théâtre lorsqu'une amie me montra une annonce de journal : « On demande mannequins à la Gaîté ».

 J'accompagnai ma copine car elle m'avait dit : « Seule, je n'oserai jamais ».

 Nous attendions, sagement assise sur un banc elle, le futur mannequin, moi, le chaperon et quelques autres candidates. Voilà qu'un monsieur sort du bureau directorial et que ses yeux font le tour de l'antichambre. Il vient vers moi et m’entraîne à sa suite dans son bureau. »

 

Le professionnel avait de suite juger « la silhouette » de la jeune fille.

 

« Questions : savez-vous danser ? chanter ? jouer ? Je ne savais rien faire de tout cela. Mais, une heure après, je participais aux répétitions du prochain spectacle »

 

Elle avait alors 17 ans et pour terminer l'anecdote, l'amie ne fera jamais de théâtre.

Elle poursuit :

 

« Un régisseur m'engagea à cultiver ma voix. D'où de petits rôles dans des opérettes, à l' »Alhambra » notamment »


 

Music-Hall, Théâtre, Cinéma, Chanson ..... Daisy Daix était une artiste complète, accomplie !

 

Rapidement des imprésarios l'engagèrent pour faire un tour de chant en Suisse et dans le Nord de la France.

 

Ensuite, ce fût Paris, vedette d'une revue au Lido avant d'être engagée aux Folies-Bergères.

 

 

Puis le théâtre au Palais Royal dans la pièce « Une nuit chez vous, madame » où elle interprète le rôle d'une « vamp ». En voici quelques photos.


(Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)
(Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

 

Entre temps, elle était partie à Hollywood en 1946, mais elle revint sans avoir tourné, elle avait refusé de se soumettre aux exigences des metteurs en scène californiens qui ont vite fait de transformer en une mécanique, la plus vivante des actrices.

 

Or Daisy Daix était avant tout vivante et naturelle, son charme était explosif.

 

Même si cette tournée fût brillante, lui donna l'occasion de faire mondialement parler d'elle et d'être considérée comme une véritable ambassadrice du goût et de l'élégance européenne, elle dira que son seul bon souvenir fût sa rencontre avec Maurice Chevalier.

 

Une trace de son passage là-bas devant la fondation en mémoire de Franklin D. Roosevelt, ancien président des États-Unis mort en 1945.

 

 

Mais elle prit sa revanche dans les studios français où elle tourna trois films.


 

1948 - de René Jayet

avec Armand Bernard

 

Détails Wikipédia

 

1949 - de Jean Boyer

avec Jacques Pills

 

Détails Wikipédia

 

 

1951 (sortie porthume) - de Jean Danie-Norman

avec Pauline Carton

 

Détails Wikipédia



 

Ces films ont été largement diffusés dans la région, surtout après sa mort, semble-t-il, son dernier film étant d'ailleurs sorti en 1951 après son décès, comme en témoignent ces deux flyers (même si l'on appelait pas ça comme cela à l'époque) dans sa ville natale de Gentinnes et à MSG, salle Braes, mais il s'agissait sans doute de l'ancien café Braes, rue St Jean avant qu'il ne déménage en face de la Gare (mais on est reparlera dans un article consacré aux bistrots).

 

 

 

 Même en plein succès, elle aimait venir souvent se ressourcer en  passant quelques jours à Gentinnes, dans le village où elle était toujours : « Denise, la fille à Decoux... ». Ce qui l'amusait beaucoup.

 

 

 

Elle donnait aussi des galas et des récitals, dont le dernier à Dieppe le dimanche avant sa mort, elle a d'ailleurs enregistré plusieurs chansons dont son dernier succès « Mon Petit Refrain » qui était repris en cœur par le public et d'autres créations

(Transmis par "Rue des Archives").

Elle a aussi foulé les planches avec les plus grands et apparut pour le dernière fois à Paris au théâtre de l'Empire, l'hiver avant sa mort, au côté de Luis Mariano dans une opérette « La Belle de Cadix)



Beauté, dynamisme, grâce, élégance, rieuse, simple, aimable, charmante, sympathique, le chic parisien pour porter les plus belles toilettes, comme on disait à l'époque, les « qualificatifs » ne manquent pas dans les articles de presse et elle était destinée à une très grande carrière au Music-Hall. On l'avait comparée à l'époque, à Ginger Rogers ou à Lana Turner.

Elle même rêvait d'être une nouvelle Mistinguett.

 

 

Mais le destin en décida autrement.

Je ne m'étendrai pas sur son décès tragique, voilà juste l'annonce officielle de sa mort :

« A la suite d'une collision d'autos, la petite voiture de Mr et Mme Carivène, renversant le parapet du pont de la porte d'Asnières à Paris, s'est écrasé 10 mètres plus bas dans un fracas épouvantable, sur les rails du chemin de fer de ceinture. Terrible accident dans lequel Daisy Daix (Madame Carivène), âgée de 30 ans, a trouvé une mort horrible et instantanée »


Dans le fascicule de 24 pages édité par le Chercha en 2004, vous pourrez trouver de nombreuses coupures de presse relatant son décès ainsi qu'une interview très émouvante avec de nombreuses photos réalisée chez ses parents à Gentinnes où elle était retournée quelques jours, comme souvent, pour prendre un peu de vacances. Juste une remarque, ce sont des copies de coupures de presse dont la qualité est loin d'être top.

 

En remerciant Paul Gouverneur du Chercha pour m'avoir signalé ce personnage hors du commun et le fascicule cité plus haut.

 

Alain DAIX

 

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